
SBTi Net-Zero Standard 2.0 : une nouvelle étape pour la décarbonation des entreprises
La Science Based Targets initiative (SBTi) a dévoilé la version 2.0 de son Corporate Net-Zero Standard, marquant une évolution majeure dans la manière dont les entreprises abordent leur transition climatique. Après plusieurs années d'expérience et des milliers d'organisations engagées dans la définition d'objectifs de réduction des émissions, le nouveau référentiel met davantage l'accent sur l'action concrète que sur la simple fixation de cibles.
Du pilotage par les objectifs au pilotage par l'action
Jusqu'à présent, de nombreuses entreprises concentraient leurs efforts sur la définition d'engagements climatiques ambitieux à horizon 2030 ou 2050. La version 2.0 du standard SBTi reconnaît qu'atteindre ces objectifs dépend souvent de facteurs externes : maturité des technologies, disponibilité des énergies bas carbone, engagement des fournisseurs ou encore contraintes d'investissement.
Le nouveau cadre adopte ainsi une approche fondée sur le « meilleur effort ». Les entreprises doivent démontrer qu'elles mobilisent tous les leviers à leur disposition, mettent en œuvre des plans d'action crédibles et communiquent de manière transparente sur les obstacles rencontrés.
Une meilleure prise en compte de la réalité des entreprises
L'une des principales avancées du standard est la reconnaissance des difficultés liées à la réduction des émissions indirectes, notamment celles du Scope 3. Dans de nombreux secteurs, ces émissions représentent la part la plus importante de l'empreinte carbone et dépendent fortement des fournisseurs, des sous-traitants ou des clients.
Le SBTi cherche désormais à accompagner les entreprises dans cette complexité plutôt qu'à les évaluer uniquement sur l'atteinte stricte de leurs objectifs.
Des exigences renforcées sur les Scopes 1, 2 et 3
La version 2.0 introduit plusieurs évolutions techniques importantes :
Maintien d'objectifs à court terme sur cinq ans ;
Renforcement des exigences relatives aux émissions indirectes significatives ;
Meilleure intégration des approches sectorielles ;
Prise en compte des actifs à long cycle de vie ;
Renforcement du suivi des consommations électriques et de l'approvisionnement en énergie renouvelable.
Les entreprises de plus grande taille devront notamment démontrer une meilleure maîtrise de leurs émissions sur l'ensemble de leur chaîne de valeur.
Une hiérarchie claire des actions de décarbonation
Le nouveau standard établit un principe simple : réduire les émissions à la source doit toujours rester la priorité.
Les actions directement liées aux opérations de l'entreprise et à sa chaîne de valeur sont désormais privilégiées par rapport aux mécanismes de compensation ou aux instruments de marché. Les certificats environnementaux et autres dispositifs similaires peuvent jouer un rôle complémentaire, mais ne doivent pas remplacer les efforts de réduction réels.
Cette évolution vise à renforcer la crédibilité des démarches climatiques et à limiter les risques de greenwashing.
Une responsabilité croissante sur les émissions résiduelles
Le SBTi introduit également le concept de responsabilité continue sur les émissions restantes. Les entreprises sont encouragées à soutenir progressivement des projets de séquestration ou de suppression du carbone afin de prendre en charge une partie de leurs émissions incompressibles.
À long terme, cette logique devrait devenir un élément central des stratégies net-zéro, en complément des actions de réduction directe.
Quels impacts pour les entreprises ?
Pour les organisations déjà engagées dans une démarche de bilan carbone ou de décarbonation, cette nouvelle version du standard représente une opportunité de renforcer leur stratégie climatique.
Les entreprises devront davantage intégrer les enjeux carbone dans leurs décisions d'investissement, leurs achats, leurs choix technologiques et leurs relations fournisseurs. La transition climatique ne sera plus seulement portée par les équipes RSE, mais devra être intégrée au cœur de la stratégie d'entreprise.
Vers une nouvelle génération de plans de transition
Avec cette version 2.0, le SBTi envoie un message clair : les objectifs climatiques restent essentiels, mais leur crédibilité dépend désormais de la capacité des entreprises à démontrer des actions concrètes, mesurables et transparentes.
Cette évolution traduit la maturité croissante des démarches de décarbonation et confirme que la transition vers la neutralité carbone repose avant tout sur la transformation réelle des modèles économiques et opérationnels.
